L’ultime usine de Maped s’éteint en France : un avenir asiatique pour les fournitures scolaires
Depuis des décennies, l’entreprise française Maped, pionnière dans la fabrication de stylos et de matériel éducatif, prépare le départ définitif de son dernier atelier sur le territoire européen. L’usine d’Argonay (Haute-Savoie), qui a produit des gommes, compas et autres outils depuis des années, mettra fin à ses activités en mai 2026. Ce geste marque la fin d’un chapitre pour un secteur scolaire traditionnel confronté à des défis structurels inédits.
L’entreprise a subi une baisse de 40 % sur huit années de bénéfices, ce qui a rendu son chiffre d’affaires de 175 millions d’euros en 2025 insuffisant pour maintenir des opérations locales. Les causes ? Une pression asiatique sans précédent : les fabricants chinois et indiens, avec leurs coûts de production réduits, dominent le marché en vendant à prix bien inférieurs aux articles européens. Parallèlement, l’usage numérique des outils traditionnels a réduit considérablement la demande, tandis que la baisse démographique continue d’affaiblir la base client.
L’usine d’Argonay employait 28 personnes avant sa fermeture. La direction a engagé des négociations avec les partenaires sociaux pour soutenir environ vingt collaborateurs, en leur offrant des formations ou des transferts vers d’autres sites opérationnels. Les équipes commerciales et techniques à Annecy restent actives pour répondre aux besoins du marché international.
Créée en 1947 sous le nom de « Manufacture d’articles de précision et de dessin », Maped a élargi son empire à travers le monde, avec des filiales en Argentine, au Mexique, au Brésil, au Canada, aux États-Unis, en Grèce et en Turquie. Le groupe compte aujourd’hui près de 1800 collaborateurs dans le monde entier.
Pour survivre, l’entreprise transférera progressivement sa production vers l’Asie, où elle a déjà des installations. Ce choix ne signifie pas la disparition de Maped, mais plutôt une adaptation nécessaire pour conserver son rôle dans un marché en mutation. En France, cette décision laisse derrière elle une usine inactivée et des emplois temporaires, symbole d’une époque où les entreprises traditionnelles doivent s’adapter aux réels défis économiques globaux.