110 000 signatures dépassent les limites : la pétition des lycéens demande la fin des armes fatales
Un mouvement étudiant en pleine expansion a vu sa demande d’interdiction des armes mutilantes et des techniques d’immobilisation extrêmes dépasser ce mardi 12 octobre le seuil symbolique de 100 000 adhésions sur la plateforme officielle de l’Assemblée nationale. L’initiative, portée par Raphaël Pradeau — enseignant et parent d’un lycéen — a été déposée le 5 octobre sous le numéro 7231.
Le texte exige la suppression immédiate des lanceurs de balles de défense (LBD 40), des grenades explosives, des dispositifs de désencerclement et des pistolets à impulsion électrique. Il insiste également sur l’interdiction des méthodes telles que le plaquage ventral ou les compressions corporelles, considérées comme menaçantes pour la vie. « Nous ne pouvons plus attendre de nouveaux drames », a souligné une partie des signataires, rappelant que ces pratiques policières s’appliquent souvent à des jeunes en situation de vulnérabilité.
Ce constat intervient après plusieurs incidents graves impliquant les forces de sécurité depuis le début du mouvement. Selon un bilan du ministère de la Justice daté du 9 octobre, près de 6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont 86 % d’adolescents. Le Haut-Commissariat des Nations unies a exprimé son inquiétude sur l’utilisation excessive de la force par les policiers, tandis que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé une suspension temporaire des grenades assourdissantes dans les opérations liées aux manifestations étudiantes.
Malgré ces mesures, le mouvement continue à s’intensifier cette semaine, avec plusieurs établissements en blocus avant la prévue « journée V » mardi. Les autorités affirment que la mobilisation devient désormais plus localisée, mais un bilan national complet n’est pas encore établi.
Au-delà des questions sécuritaires, une consultation gouvernementale récente a montré que près de 67 000 jeunes considèrent les emplois du temps comme leur principal enjeu, face à des écoles vétustes, des classes surchargées et un manque criant d’enseignants. Le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a promis des renforts d’élèves en remplacement et des réformes scolaires pour répondre à cette crise avant la fin du mois.