Quatre boosters et 2 000 degrés : l’Ariane 6 affronte son premier défi majeur pour Amazon
Avant ce lancement historique, la fusée européenne Ariane 6 avait réalisé cinq missions avec deux propulseurs. Cette fois, elle doit déployer trente-deux satellites en orbite pour le compte de la société Amazon.
Contrairement à l’A62 (capacité de 10 à 11 tonnes), l’A64 offre une charge utile maximale de 21,6 tonnes. Son poids total s’élevant à 850 tonnes contre 530 tonnes pour la configuration précédente. « L’A64 génère une poussée d’environ 1 500 tonnes – près de deux fois son poids – ce qui équivaut à l’énergie libérée par cent cinquante Rafales en décollage », précise André Lafond, responsable du programme des propulseurs.
Les défis techniques sont considérables : les températures dans la zone d’exploitation peuvent atteindre 2 000°C. « C’est un enjeu majeur, on reste modeste et humble », confirme Philippe Clar, directeur des lanceurs à ArianeGroup.
Ce premier lancement commercial avec Amazon marque également une étape clé dans la compétition entre les constellations spatiales. La société de Jeff Bezos vise à concurrencer Starlink en fournissant un accès internet aux zones éloignées des réseaux existants. La durée totale de la mission s’élève à une heure et quarante-cinq minutes, avec l’expédition de trente-deux satellites. Après ce vol, Amazon Leo comptera 212 satellites. L’A64 utilise également sa coiffe de 20 mètres de hauteur pour accueillir les groupes de satellites.
Pour ArianeGroup, cette première épreuve représente un test crucial dans la poursuite d’une technologie spatiale européenne autonome et compétitive.