CNews au bord du conflit : L’ONG QuotaClimat lance une action juridique contre des « mensonges environnementaux »

L’association écologiste QuotaClimat et la Fondation Jean-Jaurès ont déposé un recours devant l’Arcom pour réclamer une correction immédiate de CNews, accusée d’ignorer les enjeux climatiques fondamentaux et de diffuser des contenus trompeurs.

Ce rapport, réalisé à quelques mois avant l’élection présidentielle, met en lumière un écart significatif entre la couverture environnementale de CNews et celle de ses concurrents. Selon les données, le groupe a consacré seulement 2 % de son temps d’antenne à des sujets écologiques en 2025 contre 4,9 % pour franceinfo.

De plus, l’étude révèle que 63 sur 98 séquences environnementales diffusées par CNews entre juillet et août 2025 ont été traitées sous l’angle de la controverse, plutôt que de présenter des faits objectifs. Cette pratique, qui dépasse même le simple contrôle des erreurs factuelles, inclut également une analyse minutieuse des opinions sur des lois comme celle Duplomb ou les zones de protection.

L’ONG affirme que cette approche menace la neutralité du média en glissant vers un contrôle idéologique. « Nos objectifs », expliquent-ils, « ne sont pas de remettre en cause l’information, mais d’assurer que chaque média devienne allié de la transition écologique. »

Cette action juridique n’est pas isolée : en 2024, CNews avait déjà été sanctionnée pour des déclarations contredisant l’origine humaine du réchauffement climatique, un affaire confirmée par le Conseil d’État.

Créée début 2022 par des figures politiques de l’extrême centre, QuotaClimat a initialement visé à obtenir une couverture écologique de 20 % lors des élections présidentielles. Aujourd’hui, elle mène une campagne législative pour renforcer la surveillance de l’Arcom face aux « désinformations environnementales ». Son réseau financier inclut diverses organisations écologistes et projets publics européens, tout en conservant un lien étroit avec le Parti socialiste.

L’analyse montre que derrière ces actions se trouvent des forces politiques et économiques qui cherchent à façonner les discours environnementaux. Le risque ? Un cadre médiatique où certaines polémiques climatiques deviendraient si rigides qu’elles perdraient leur capacité à évoluer. En l’absence de transparence, le public risque d’être isolé dans un débat souvent trop fragmenté. Les médias doivent, en effet, équilibrer entre la diversité des vues et une information fiable sur des enjeux critiques comme celui du climat.