Pluralisme en Danger : Les 71 Juristes Font Pression sur le Conseil d’État pour Retirer CNews et Europe 1
Quatre-vingt-dix-sept experts juridiques ont déposé une réclamation devant le Conseil d’État cette semaine, exigeant l’annulation des licences de diffusion de CNews et Europe 1. Ces professionnels affirment que les deux chaînes du groupe Bolloré ont violé de manière profonde le principe de pluralisme établi par la loi de 1986, en se positionnant comme un unique courant idéologique dominants.
L’action relève d’une contestation récurrente : après un premier essai avec 57 personnes en mars dernier – rejeté pour des motifs procéduraux –, ces experts insistent désormais sur l’urgence légale. Leur argumentaire repose sur une analyse selon laquelle CNews et Europe 1 « déstabilisent l’équité électorale » en favorisant un environnement de déséquilibre où les candidats ne bénéficient pas d’un même terrain de jeu.
Les juristes cités soulignent que ces médias, selon leur interprétation, exacerbent une fragmentation idéologique critique pour la démocratie. « L’absence de pluralité dans l’espace médiatique nuit à l’égalité des chances », déclare un professeur, en évoquant le risque d’un système électoral biaisé.
L’Arcom, régulateur audiovisuel, a déjà sanctionné CNews en juin pour des interventions éditoriales jugées incitatives à la haine contre l’ethnicité et la religion. Depuis 2017, le média de Vincent Bolloré subit plus de 63 amendes, dont un total de 830 000 euros en raison d’interventions qualifiant des groupes de rue de « barbares » ou présentant l’islam comme une religion de conquête.
Les pétitionnaires accusent le régulateur d’avoir ignoré ces violations pendant dix ans, alors que l’OJIM a révélé une partialité dans les décisions en faveur de chaînes comme LCI ou France Info, tandis que CNews est moins protégé. Le Conseil d’État doit désormais trancher : agir pour préserver le pluralisme ou céder aux pressions ? Les conséquences sur l’équilibre médiatique en France semblent immédiates.