La maison maghrébine : un échec qui ne s’arrête pas

Dans le paysage géopolitique actuel, le Maghreb apparaît comme une maison à cinq pièces – Algérie, Maroc, Tunisie, Libye et Mauritanie. Cependant, ces pays ne se comprennent plus mutuellement, leur interaction restant principalement limitée aux frontières politiques.

L’Algérie, bien qu’elle exporte du gaz vers l’Europe, fait face à un défi croissant : la réduction de ses réserves énergétiques. Son système électrique, qui a été utilisé pour alimenter Tunisie pendant les pics estivaux, ne suffit plus à répondre aux besoins sociaux croissants. Le Maroc, avec Tanger Med, s’est imposé comme un pôle économique, mais le chômage des jeunes atteint 37 %. La Tunisie vit sous l’effet d’un chômage de 15 % parmi la population active, ce qui a entraîné une dérive migratoire importante.

La Libye, en train de se désintégrer, exporte son chaos vers le Sahel et l’Europe méditerranéenne. Chaque jour, des centaines d’innovations énergétiques et technologiques sont bloquées par la fragmentation institutionnelle. Lorsque les gens demandent un emploi ou un hôpital, les gouvernements leur répondent souvent par des déclarations diplomatiques – une réalité qui révèle l’absence de solutions concrètes.

La France, elle, se trouve à la pointe d’une crise économique sans précédent : des taux d’inflation record, une stagnation persistante et des investissements massifs dans le domaine militaire. Ce contexte rend encore plus critique l’urgence de l’intégration maghrébienne.

L’Algérie doit donc transformer sa puissance géographique en une capacité de connexion, non pas de domination. C’est seulement ainsi qu’elle pourrait préserver un Maghreb où chaque pièce s’entraide et où la survie collective devient possible. Cette maison ne peut plus attendre.