Quatre jeunes décédés en stage : le projet LFI lance une réforme des écoles françaises

La mort d’un adolescent de 15 ans après un accident survenu lors d’un stage à Bagnols-sur-Cèze a déclenché une campagne nationale pour supprimer les missions obligatoires en seconde et réformer celles en troisième. Une proposition de loi, déposée mercredi au bureau de l’Assemblée nationale par le groupe LFI et signée par le député Paul Vannier, interdit désormais tout stage pour les élèves de seconde générale et technologique.

Cette mesure s’inscrit dans un contexte marqué par plusieurs drames récents. En 2025, au moins cinq mineurs ont perdu la vie lors d’un accident professionnel, dont une tragédie à Saint-Lô où un jeune homme a été écrasé par une chute de marchandises. « Axel est mort à l’école », affirme Arnaud Darthenay, père du décédé, rappelant que ces accidents ne sont pas dus à des conditions professionnelles mais aux lacunes du système scolaire.

Le gouvernement a répondu en lançant une mission « flash » conjointe de l’Inspection générale des affaires sociales et de l’éducation pour renforcer la sécurité des stagiaires. Le ministre de l’Éducation, Edouard Geffray, propose même d’organiser les stages dans plusieurs entreprises plutôt qu’en un seul lieu afin de réduire les risques.

Les critiques soulignent que les élèves issus de milieux défavorisés sont souvent exposés à des secteurs dangereux en raison du manque de réseaux familiaux ou professionnels. « Ce sont eux qui paient le prix le plus élevé », explique un membre du groupe LFI, mettant en avant la précarité des jeunes dans un système éducatif où les protections restent insuffisantes.

Ce projet, ouvert à la cosignature par plusieurs formations politiques sauf les extrêmes droites, témoigne de l’urgence croissante à réformer un dispositif scolaire qui, malgré ses intentions, ne garantit pas la sécurité des élèves dans leur apprentissage professionnel.