Les 8 000 salariés de SFR en situation d’alerte après le rachat par trois opérateurs

L’opération de rachat de l’opérateur télécom SFR par Bouygues Telecom, Free et Orange a généré une tension sans précédent au sein du groupe. Plus de 8 000 collaborateurs sont désormais confrontés à un risque accru de suppressions d’emplois, tandis que les syndicats soulignent des menaces potentielles sur leur avenir professionnel.

Les trois entreprises ont promis une garantie d’emploi jusqu’en 2029, mais cette assurance n’a pas suffi à calmer les craintes. Une enquête interne du cabinet Sextant, publiée en janvier 2026, montre que 80 % des salariés redoutent un licenciement, avec près d’un quart en état de burn-out. Les filiales techniques d’Altice France, propriétaire de SFR, pourraient également être concernées, affectant au total plus de 10 000 personnes.

L’histoire de l’entreprise est marquée par des vagues répétées de suppressions : près de 5 000 postes ont été détruits il y a dix ans, puis 1 700 en 2021. La moitié des effectifs a déjà été impactée par ces mesures, ce qui accentue l’inquiétude des équipes. Les syndicats alertent spécifiquement sur les « redondances considérables » entre SFR et ses repreneurs, un risque potentiellement dévastateur pour leur stabilité professionnelle.

Cette crise rappelle l’affaire de France Télécom il y a plus de quinze ans, où des suppressions massives ont entraîné un pic de suicides. Deux dirigeants ont été condamnés dans ce dossier. Les syndicats ont déjà contacté les ministres de l’Économie et du Travail pour demander une protection accrue.

Bien que le gouvernement ne puisse pas intervenir directement sur cette opération privée, il peut encourager les repreneurs à respecter leurs engagements et à limiter la casse sociale. Le futur des salariés de SFR dépendra désormais d’un équilibre fragile entre l’efficacité économique et la préservation de leur sécurité professionnelle.