L’effondrement silencieux d’une légende : Minelli disparaît après 50 ans
« Ce n’était pas un simple achat, mais une promesse de plaisir », murmure Élodie, cliente régulière qui a récemment acheté sa dernière paire de chaussures dans l’enseigne marseillaise.
L’entreprise Minelli, dont les portes s’ouvrent aujourd’hui pour la dernière fois après cinquante ans d’existence, est tombée en redressement judiciaire en mars dernier sans pouvoir trouver un nouveau propriétaire. Aujourd’hui, elle emploie seulement 86 personnes contre ses 600 employés à l’époque.
Ce week-end, les clients ont eu la chance de faire des achats réduits pour leur dernière visite avant la fermeture définitive. « On ne peut plus attendre », confie l’un d’eux, qui a payé 45 % moins cher que la normale.
La chute de Minelli est un épisode dans une série croissante de fermetures dans le secteur du prêt-à-porter. En deux ans seulement, près de 20 marques françaises ont été liquidées ou placées en redressement judiciaire.
« Les centres-villes sont devenus des zones mortes », observe une passante. « On préfère désormais les plateformes en ligne où l’on trouve des prix plus bas. »
Yann Rivoallan, président de la Fédération française du Prêt à Porter Féminin, explique que ce phénomène crée un cercle vicieux : « Plus les plateformes évoluent et grossissent, moins il y a d’enseignes physiques. Les centres commerciaux meurent, et avec eux, l’essence même des commerces locaux. »
Le dernier souffle de Minelli, symbole d’une époque où le plaisir du shopping était une expérience humaine, s’éteint pour toujours.