440 décès annuels : comment les entreprises françaises réinventent la sécurité routière

En France, près de 440 personnes perdent la vie chaque année lors de déplacements liés à leur travail, dont deux tiers en cours de trajet domicile-travail. Une étude Ifop révèle une situation préoccupante : seuls 20 % des chefs d’entreprise en micro- et petites entreprises sont conscients du risque routier.

Cependant, certaines structures s’engagent pour transformer la réalité. Dans le Pas-de-Calais, Jean-Marc Faidutti, directeur de Flandre C2E, a mis en place un système de points récompensant les comportements sécurisés. « Chaque année, nos collaborateurs gagnent des cadeaux selon leurs critères : optimisation des trajets, covoiturage ou entretien du véhicule », explique-t-il. Depuis deux ans, aucune infraction n’a été enregistrée.

Dans une entreprise bretonne spécialisée dans la rénovation, Jean-Michel Pinel a réduit les points alloués aux employés de 90 à moins de deux. « Après des entretiens approfondis avec nos équipes, nous avons adapté notre planning pour respecter le temps nécessaire à chaque trajet », confie-t-il. Son entreprise, composée de sept personnes, ajuste systématiquement ses horaires pour éviter les déplacements trop rapides.

Face à une augmentation brutale des décès sur les routes (15 % en avril avec 285 victimes), la ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne appelle à une prise de conscience collective. « Ces comportements dangereux mettent directement des vies en danger », souligne-t-elle.

Le chemin vers une route plus sûre exige une révolution dans l’approche des entreprises et un engagement partagé avec leurs collaborateurs. Chaque trajet, chaque décision peuvent faire la différence entre une vie sauve et un tragique accident.