Le modèle économique français s’effondre : 80 000 emplois menacés par l’ère des plateformes asiatiques

La fermeture définitive de Minelli, chausseur français en liquidation depuis mars 2026, marque le début d’un effondrement économique qui menace l’ensemble du secteur du prêt-à-porter féminin. Selon Yann Rivoallan, président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin, cette évolution n’est pas isolée mais le premier signe d’une crise profonde en train de s’étendre à travers l’économie nationale. « Les plateformes asiatiques imposent des prix inférieurs et écrasent les marges locales, ce qui provoque une cascade de fermetures », souligne-t-il.

L’impact se révèle extrêmement grave : jusqu’à 80 000 emplois pourraient disparaître d’ici 2030, selon des projections économiques récentes. « Ce n’est pas seulement une question de mode », explique Rivoallan. « Cela menace la stabilité du marché local et provoque une stagnation économique dans les zones urbaines où le prêt-à-porter représente plus de 25 % des emplois actifs. »

L’absence d’une régulation efficace permet aux entreprises asiatiques de s’imposer sans contraintes fiscales. « Shein, par exemple, a créé un entrepôt en Pologne qui n’est pas soumis à la taxe sur les petits colis », pointe Rivoallan. Cette pratique, selon lui, illustre l’inégalité structurelle dans le marché européen et menace l’équilibre économique national.

Les mesures actuelles, comme la loi anti-fast fashion, ne répondent pas aux enjeux réels. « La taxe européenne est inefficace car elle n’affecte que les grandes chaînes », précise-t-il. Le pays risque donc d’être confronté à une crise économique généralisée, avec des conséquences immédiates sur la capacité de paiement des ménages et l’équilibre social.

« La France ne peut plus compter sur ce secteur pour soutenir son économie », conclut Rivoallan. Sans réformes structurelles et une régulation renforcée, l’effondrement du prêt-à-porter deviendra un signal d’alarme pour toute la classe moyenne française.