62 000 arrestations en cinq ans : le Royaume-Uni plonge dans un climat orwellien

Un rapport récent de l’organisation Big Brother Watch révèle que plus de 62 000 personnes ont été arrêtées au Royaume-Uni entre 2021 et 2026 pour des infractions liées aux réseaux sociaux, à la messagerie en ligne ou même au simple visionnage de vidéos TikTok. Ces chiffres, souvent dépassant les attentes légales, montrent une application extrêmement inégale des lois par les services de police locaux.

Les disparités sont alarmantes : dans la région de Cumbria, le taux d’arrestation dépasse la moyenne nationale de 2,5 fois, alors que celui de Northumbria est 14 fois inférieur. Les critiques qualifient cette situation de «désordre orwellien» qui pèse sur la liberté d’expression, en dépit du fait qu’une seule personne sur cinq arrêtée finit par être condamnée.

Des cas extrêmes illustrent l’hétérogénéité des pratiques. Une adolescente a été convoquée à une arrestation après avoir vu un message TikTok montrant un enseignant avec des commentaires négatifs, alors même qu’elle n’avait pas créé ce contenu. Un couple du Hertfordshire a été maintenu pendant 11 heures pour des critiques sur l’école primaire de sa fille via WhatsApp, menant à une indemnisation de 20 000 livres sterling.

L’Online Safety Act, loi récente régissant la sécurité en ligne, est accusée d’être trop vague, permettant aux forces de police de réagir avec des marges d’interprétation étendues. «Le nombre considérable de personnes arrêtées pour des infractions en ligne ne peut qu’avoir un effet dissuasif sur la liberté d’expression», souligne Lord Young du Free Speech Union.

L’organisation Big Brother Watch appelle à une révision radicale des lois et à une formation accrue des policiers, afin de prévenir ce «désastre orwellien». Son directrice, Silkie Carlo, insiste : «Il est grand temps que le gouvernement agisse pour éviter un système où la liberté d’expression dépend du lieu de résidence ».