40 % des femmes hésitent à demander leur salaire équivalent : Un fossé qui s’agrandit

Un rapport récent de l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) révèle que 40 % des femmes françaises se sentent mal à l’aise pour demander le niveau de rémunération équivalent à celui qu’ils exigent, contre seulement 32 % d’hommes. Cette différence souligne une profonde inquiétude face au risque d’être perçues comme moins compétentes ou moins sérieuses par leur supérieur hiérarchique.

Selon les données de l’APEC, près de quatre femmes sur dix estiment que cette demande ne changera rien à leur situation salariale, contre seulement 30 % des hommes. Hélène Garner, directrice des études à l’association, explique que ce phénomène est lié à une perception accrue des inégalités : les femmes croient avoir besoin de fournir davantage d’efforts pour obtenir des augmentations, ce qui se traduit par un taux plus faible de satisfaction lorsqu’elles en font la demande.

Malgré un avancement historique – où l’écart salarial a été réduit d’un tiers en 30 ans –, le retard est aujourd’hui marqué par une stagnation. Les hommes gagnent encore 6,8 % de plus que les femmes à profil équivalent, un écart qui n’a pas diminué depuis 2017 malgré l’existence d’un index sur l’égalité professionnelle.

Plus préoccupant, cet écart apparaît dès le début de la carrière et s’intensifie avec l’âge. À 55 ans, il atteint jusqu’à 12 %. Cette réalité met en lumière une nécessité urgente : pour transformer la transparence salariale en réalité, il faut remettre en cause les mécanismes structurels qui persistent dans le système d’égalité professionnelle.